L'Amour et le chant des ânesses

Un texte qui nous vient de Paul Jacobs (e-mail paul.jacobs@skynet.be), à lire si vos ânes chantent trop fort et que vos voisins vous font la gueule...

Ah, le braiement des ânesses !!! Vous ne pouvez pas vous imaginer votre chance et celle de vos voisins. Au début, lorsque nous avons acheté notre première ânesse (Florette), nous étions sans expérience... et tous les jours en pleine nuit, à 2 ou trois heures du matin elle se mettait à braire ... d'un braiement très lancinant ... nous ne savions plus quoi faire ... sinon nous réfugier dans nos couvertures... Inutile de vous dire qu'au matin, en conduisant les gosses à l'école, on avait peur d'essuyer les insultes des voisins (nous en avons 9 immédiats).

Mais d'insultes bien au contraire nous n'en avons point eues. Bien que nous ayons tout essayé pour la faire taire (compagnie d'un mouton, acquisition d'une deuxième ânesse, l'enfermer dans son abri -quelle horreur-, ...). Mais vu que cela ne posait pas problème... ces braiements faisaient partie du quotidien nocturne de la vie de notre petit village ....

Aussi, lorsque des personnes me demandent conseil parce que leur âne braie, je réponds toujours qu'il s'agit d'une "figure" dont l'équation se projette en trois dimensions : soi-même, l'âne et les autres.

1) soi-même : il faut d'abord se convaincre que l'âne ne braie pas, il chante, il parle, il communique. Et tout "braiement" à une tonalité propre (celui de l'âne) et un contenu différent (ce qu'il veut dire, et chaque fois il le dira différemment) qui est communication à votre égard. Si l'on est convaincu de celà, c'est déjà un tiers d'angoisse en moins. Pour ma part, lorsque je rentre du travail, vers 17 heures, mes quatre ânesses se mettent à braire au simple bruit de moteur de ma voiture... et c'est pour moi... et moi seul... inutile de vous dire la jalousie de mon épouse. Imaginez après une journée de dur labeur, accueilli par la complainte amoureuse de mes quatre ânesses, mes quatre filles qui me sautent au cou et mon épouse qui m'étreint de toute sa tendresse... quel bohneur.

2) l'âne : il faut pouvoir l'écouter... essayez... nous en avons des choses à apprendre, l'âne qui attend sa nourriture, l'âne qui perçoit un danger, qui guette la moindre manifestation d'une présence, qui cherche son petit, qui a envie de dire tellement de choses... , qui parfois nous avertit qu'un de ses collègues est malade... Ecoutez ce chant de l'âne... parfois dans la nuit... et arrêtez de vous culpabiliser... c'est déjà 2/3 des angoisses qui disparaissent.

3) les autres : j'ai déjà constaté (sans que ce soit le cas pour tout le monde évidemment) que des gens avaient des problèmes avec les vocalises de leurs ânes et leur voisins, parce qu'il avaient déjà des problèmes précédemment... un coq qui chante, un chien qui aboie... Ils auraient de toute façon ce genre de dénigrement. De grâce cessons de considérer les ânes comme le bouc émissaire de nos problèmes relationnels. Maintenant, il est vrai qu'il y a parfois des voisins qui ne sont pas des cadeaux !!! Essayons donc, d'abord de faire un travail pédagogique auprès de nos voisins et des personnes que nous accueillons chez nous. Il y a peut-être des personnes qui préfèrent le bruit des tondeuses, le vrombissement du bruit des voitures et camions, des sonos hard tonitruantes, des envols d'avions, des agressions des GSM en pleine nuit..., libre à chacun de choisir l'environnement sonore qui lui convient...

Mais moi je ne saurais plus vivre sans l'enchantement de mes ânesses qui me parlent et qui me gratifient de leur ode savoureuse.

Hihan .. hihan ...


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