Voici le testament de Ferdinand, l'âne globe-trotteur, rédigé un soir de grande misère... et qui vient d'être découvert dans la paille de sa grange. Oyez braves gens, et pleurez !

J'ai porté fidèlement le bagage, j'ai supporté la mauvaise humeur de Monsieur, j'ai brouté des choses imbroutables, et tout ça pour mourir misérablement loin des vertes prairies où j'ai vu le jour.

Au cas où je ne reviendrais pas de cette équipée, voici mes dernières volontés :

Moi, Ferdinand, sain de corps et d'esprit, large de ventre et haut d'oreilles, j'ai écrit ceci le dix-huitième jour du mois d'avril de l'an de grâce mille neuf cent nonante et cinq, afin que nul n'en ignore :

Je lègue mon sac d'avoine, ma provision de foin, et ma pierre à sel à mes compagnons de pré.

Je lègue mon licol à la Fondation qui pérennisera ma mémoire et contera l'histoire de mes souffrances.

Je lègue ma longe au Musée des Esclaves.

Je lègue mes oreilles à la Science, pour que la voix de la raison se fasse enfin entendre chez les Hommes.



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