>>>>> Question : Est-il exact que les pets des ânes peuvent détruire
la couche d'ozone ?


Réponse du Professeur Asinus :

Cette intéressante question nous est posée par un ami des ânes, éleveurs de bourriques, et qui s'inquiète de l'influence éventuellement néfaste de son troupeau sur le devenir de la planète.

En effet, nos députés européens, toujours à l'affut des bons coups, se sont émus, en ce début d'année 1998, des dégâts causés à la couche d'ozone, cette fameuse couche qui nous protège des rayonnements nocifs de l'astre solaire.

Car une étude savante leur a été fournie (et ce n'est pas une blague), démontrant que 15% des destructions infligées à la couverture d'ozone étaient dues aux gaz d'échappement des animaux en pâture... Et plus nos bovidés grignotaient des mets ensilés, plus ils pétaient, plus le Ciel menaçait de nous tomber sur la tête...

C'est-y pas beau que de grands cerveaux, payés par nos deniers, perdent des années à mesurer les flatulences de nos bestiaux...

Ce sont sans doute les mêmes qui, pour partir en vacances, vont griller 200 litres de gazole dans leurs belles voitures, qui, bien entendu, ne polluent pas du tout...

Hors de toute polémique, et en supposant que nos tronches savantes aient raison, que faut-il faire pour que le trouble cesse ?

Eh bien il faut, nous a-t-on dit, changer l'alimentation des bêtes. Moumoute pète moins, et produit plus de bidoche, si elle broute de l'herbe verte, plutôt que de ruminer du maïs ensilé. C'est comme ça ma bonne dame...

Bien entendu, si une règlementation voyait le jour, elle s'appliquerait à l'ensemble des animaux à quatre pattes qui encombrent nos prairies, donc à nos ânes. Voyons-en un peu le détail, qui nous a été fourni par une indiscrétion d'un fonctionnaire de Bruxelles :

= Tout d'abord va être créé un Corps de fonctionnaires, spécialement formés à la surveillance des bêtes aux champs. Armés de pétomètres, ils vont mesurer pour chaque animal, puis pour l'ensemble du troupeau, l'importance des gaz émis. A noter qu'il existe deux sortes de pétomètres :
- le pétomètre à prise directe, quand on arrive à rentrer le tuyau dans le troufignon de la vache, ce qui est en soi tout un sport...
- le pétomètre à spectromètre gazeux, qui peut, même d'un satellite, vous sortir en fin de saison la pétométrie totale d'un animal : le volume gazeux dégagé, le nombre moyen de pets par jour, la longueur de chaque pet, le niveau sonore, la toxicité du gaz, etc...

= Ensuite va être mise en place une réglementation très rigoureuse pour limiter les flatulences :
- un quota de pets sera attribué pour l'ensemble du troupeau, et tout dépassement de ce quota entraînera des sanctions financières pour l'éleveur.
- toutefois, en cas de maladie intestinale d'un animal, et sur présentation d'un certificat médical signé par un vétérinaire, il pourra être exceptionnellement alloué un quota spécial d'émissions gazeuses.
- Bien évidemment, il sera organisé un contrôle technique des animaux, visant à optimiser les rejets gazeux. Les animaux dont la pétomanie est devenue incontrôlable seront abattus. Les autres devront porter à l'oreille une boucle verte avec la date de validité du contrôle.
- Les jours où menace la pollution, lorsque la situation météorologique prévoit un anticyclone stable, les bêtes devront rester à l'étable et être mises à la diète. Pour compenser les pertes de production de lait ces jours-là, un fonds spécial d'intervention sera créé, alimenté par une cotisation payée par les éleveurs les moins respectueux de leur quota de pets.

Amis des ânes, prenez vos précautions. Ni orge ni avoine ni granulés, mais seulement du chardon et de la ronce. C'est ainsi que l'âne pète le moins...

Que la Pet soit avec vous...


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